Des examens podologiques gratuits seront offerts à « cinq ou six cents athlètes des Olympiques spéciaux » cette semaine

Le docteur Glenn Herbert, podiatre à Montréal, a déclaré que son équipe prévoyait d’examiner entre 500 et 600 athlètes présentant une déficience intellectuelle et un trouble du développement (DITD) au cours des trois jours que dureront les Olympiques spéciaux Canada à Medicine Hat, en Alberta. Ayant consacré plus de la moitié de ses 30 années de carrière dans le secteur médical à faire du bénévolat auprès des Olympiques spéciaux, Glenn a constaté que les personnes ayant une déficience intellectuelle et un trouble du développement souffrent d’un taux de pathologies liées aux pieds supérieur à la moyenne, en raison à la fois de causes évitables et de facteurs génétiques.
« Étonnamment », a déclaré le médecin, « pour certaines des pathologies que nous dépistons [chez Pieds en santé], c’est la première fois que quelqu’un mentionne l’impact de cette pathologie. C’est même la première fois que quelqu’un suggère à l’athlète qu’il faudrait la traiter. »
Propriétaire de deux cliniques de podologie, Glenn travaille également au service de diabétologie d’un hôpital de Montréal, où il met son expertise au service du traitement des problèmes podologiques causés par différents types de diabète. Il y a 20 ans, le Dr Glenn a appris qu’une des infirmières de sa clinique élevait une enfant qui participait aux Olympiques spéciaux. La famille de cette infirmière a ouvert les yeux de Glenn sur toute une communauté de personnes vulnérables n’ayant pas accès à des services susceptibles de changer leur vie, et il a décidé de mettre ses compétences à profit pour aider à corriger cette inégalité.
« Sa fille pratiquait le ski alpin », se souvient-il, « et elle est finalement devenue ma patiente. »
Dans le cadre d’un processus divisé en trois étapes, les bénévoles de Pieds en santé mesurent d’abord la pointure de l’athlète, puis la comparent à celle de ses souliers pour s’assurer qu’elles correspondent. L’impact du port de souliers mal ajustés est l’un des nombreux facteurs que Glenn décrit comme ayant des effets à long terme : même si cela ne semble pas immédiatement grave, le fait de continuer à porter des souliers inadaptés peut entraîner de nombreux petits problèmes qui, par effet boule de neige, se transforment en quelques problèmes majeurs.
Ensuite, les cliniciens de Pieds en santé examinent les pieds de l’athlète eux-mêmes, à la recherche tant de problèmes évitables causés par une mauvaise hygiène — comme les infections fongiques et les ongles incarnés — que de problèmes structurels tels que les oignons, les orteils en marteau et les déformations de la voûte plantaire. Glenn a ajouté que, bien que les déformations de la structure osseuse ne puissent être corrigées sans chirurgie, il existe de nombreuses façons de compenser les problèmes causés par ces pathologies, ainsi que d’empêcher leur aggravation.
Enfin, les cliniciens de Pieds en santé analysent la posture et la démarche de leurs athlètes. Glenn a comparé le pied humain aux roues d’une auto : si les pneus sont usés ou si la suspension ne fonctionne pas, c’est tout le véhicule qui commence à tomber en panne.
« Le pied remplit de nombreuses fonctions », a-t-il ajouté, « l’une des principales étant celle d’amortisseur. Le pied est un ressort […]; dans le cas de voûtes plantaires plus plates, ce ressort est tendu au maximum. La force est alors transmise en amont, vers la cheville, les genoux, la hanche et le dos. »
Il a précisé que les personnes dont la voûte plantaire est plus haute que la moyenne éprouvent les mêmes problèmes d’amortissement des chocs. Dans les deux cas, des orthèses sur ordonnance peuvent être insérées directement dans les souliers pour aider les pieds lors de la marche, de la course et d’autres activités impliquant de forts chocs. Plus rarement, un souliers entièrement sur mesure peut être prescrit à la personne pour remplir une fonction similaire. Bien qu’une recherche rapide sur Internet puisse orienter une personne vers un service offrant les technologies orthopédiques dont elle pourrait avoir besoin, beaucoup ne savent pas par où commencer.
Comme dans de nombreuses disciplines de la santé, les personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du développement n’ont souvent pas accès à des services médicaux capables de répondre à leurs besoins particuliers. De plus, il se peut qu’elles n’aient tout simplement jamais rencontré quelqu’un qui ait la patience et les compétences en communication nécessaires pour leur fournir les outils dont elles ont besoin pour prendre soin de leur propre corps. Glenn a constaté que bon nombre des athlètes qu’il voit chez Pieds en santé finissent par se rendre à sa clinique par la suite ou lui recommandent d’autres personnes de leur entourage ayant des déficiences intellectuelles et du développement. Tout comme la fille de cette infirmière qu’il a rencontrée il y a près de 20 ans, Glenn est désormais en mesure d’offrir des traitements aux Canadiens dans le besoin qui n’auraient peut-être pas eu beaucoup d’autres options.
« Nous sommes toujours à la recherche de commanditaires et de dons », a ajouté Glenn à propos du programme Pieds en santé des Olympiques spéciaux, « les dons sont souvent ponctuels, c’est simplement la nature même de ce milieu et de ce secteur d’activité. »
« Mais ces commanditaires, par ce qu’ils offrent — qu’il s’agisse de dons, de matériel, ou de temps et d’efforts — aident des centaines d’athlètes. »